Drôle, ce goût pour l’écriture ; Drôle, ce sens de la rature.
Ce reflet dans le miroir, Cette encre sur la page,
La feuille tout comme le papier buvard
Absorbe les mots et en détoure le tatouage ;
Estampe d’un tableau,
Collage de papier
Nouvelle technique de peinture à l’eau,
Haltérophilie verbale en épaulée jetée.
Alors j’enchaîne un mélis-mélos
Mélo,
Comme la trame d’un mauvais film
Au générique rythmé de drame ;
Le genre de sombre histoire pseudo pathétique
Qui aurai bien besoin de réviser ses gammes.
Caricature rejouée mille fois, épisode vu et revu
Avec toujours le même effroi ;
Romantisme contemporain,
Se faire la veuve et l’orphelin en sauce sur foie gras…
Moi je décide d’écrire tout autre chose,
Sans figer l’aisance des mots,
Je slalome entre points et virgules
Pour traduire ma prose.
Je flirt avec le langage
Sans me prendre pour un roméo.
Séduit par la langue page après page,
Meurtri de phrases érigées par mes maux.
Les idées fusent. Beaucoup de gens rencontrés,
Beaucoup d’histoires, certaines même qui amusent,
Des coups de Trafalgar dont il ne reste
Que des souvenirs éprouvés.
Eprouver.
Sentir son cœur au corps à corps
Tout prêt à chavirer.
Tanguer au changement de bord
Quand l’amour à la porte se met à frapper.
Frappé, certains n’ont que ce terme en bouche,
Parce que cogner
C’est recevoir la détresse
De celui dont le sang n’est pas farouche.
Farouches, beaucoup de jeune s’en donne l’air.
Désinvolture délinquante,
Esquisse pimpante
Voile de béton enveloppant leur cache misère.
Misère, à chaque coin de rue
Cette affamée se régale.
A croire que les régimes auraient jeté leur dévolu
Sur les mauvais poissons nommés vandales.
C’est clair que certains hommes que l’on dit présidentiable
S’insurgent et propage leur propagande :
KARCHERISER ces bandes de racailles.
Et tout ce monde aspire à vivre en paix,
Sous fifres et dirigeants sous le symbole du respect.
Respect, il ne se gagne pas
À coup de triques et de baffes
Que l’on bouffe façon beignet,
Que l’on digère dans la chaire comme une épitaphe.
C’est plus qu’assez des bleus causé
Par cette violence gratuite.
Qu’elle soit dans la fratrie ou le quartier,
Pour un conflit aux consonances ethnique, elle est de trop.
Trop ! Quand trop c’est trop il faut lever le point
Et ne pas rougir.
J’en ai assez d’être dans le rang à marcher au trot,
J’aimerai bien savoir quand la mascarade va arrêter de nous faire sourire.
Sourire, beaucoup l’on perdu depuis bien longtemps
Je pense à tous ceux
Qui me sont de parfaits étrangers,
Des frères et sœurs d’un autre continent.
Sourire offert dans son écrin comme une offrande,
Parure pulpeuse,
Lèvres sulfureuses,
Croquer le fruit selon se que le porte monnaie commande.
Esprit de perversion,
Ame isolée
Sur l’intime sentier
De ses propres perditions.
La vie ne fait pas toujours rire
Lorsque comme une chienne enragée
Elle attaque à coups de prétextes
Juste pour en finir.
Finir, stopper la session d’écriture
S’il n’y a rien d’autre à dire.
Le gratte papier dépose comme une sculpture
Des idées sans intérêt, c’est juste le fruit de ses délires
Délires, y’en a qui en ont dans la tête,
Autant de plomb dans les neurones
Que de poudre dans la musette.
Jouer à la guerre sur chant de clarinette ;
Pour autant sur les champs de bataille
On ne croise pas l’ombre d’une majorette.
Délires. A lire les dires de certains hommes
Tous ne paraissent pas bien honnêtes.
Le temps de se faire élire avant d’user
De cette fameuse poudre, … d’escampette.
Vaste commanderie pour sombre fumisterie
Funeste plaisanterie
Courbant l’échine à l’hypocrisie.
Hypocrite, critique facile ;
Aisé de cracher, aisé de se cacher,
Aisé de joindre à la rancœur
La somme de quelques vers habiles.
Habile ; habilité à se prendre la tête
Ou ne pas se faire de bile.
Les nerfs mis en pelote à la lisière du chat de l’aiguille.
Aiguille, de toute façon la vie semble cousue d’avance.
Les années défilent de nœud en nœud
Sans paraître céder la moindre parcelle de chance.
Parcelle, faire un tour de pâté, de maison en maison ;
Roder le regard froid,
Sentir son souffle au bord de l’implosion.
Le risque c’est ça,
Agir en vers et contre toute soumission.
Acheter son shit dans la rue, payer le double du prix ;
Commercial mal servi
Qu’on te fait passé pour de la patte du pays.
Savonnette coupée au pneu,
Pour du hachich c’est mieux
Si tu veux le bénéfice net
Ailleurs que dans le rouge des yeux.
L’arnaque, tu fais celui qui ne l’a pas vu
Les matraque sont camouflées à chaque angle de rue ;
La BAC tourne et fait pointer
Des jeunes passeurs fraîchement sérés en garde à vue.
Menotte au poignet
Violence verbale dont la fonction
Ne peut se passer
Première interpellation à douze piges à peine soufflé
Y’a pas de quoi fanfaronner, y’a rien à pardonner !
Le pardon est une chance. Certain n’ont jamais eut
A prier pour un signe de délivrance.
Ce n’est pas leur faute sauf qu’eux
Héritèrent du bon coté de la balance.
Balance. Dénonciation désespérée,
Aveu malencontreux que la justice aura exigé.
Traîtrise perfide au sentiment d’impuissance incontrôlé.
C’est une balle que l’on lance, une tentative d’échappée.
Et puis parfois sous les insignes se camouflent
Matraques et attaques,
Puériles escarmouches obligeant à tout avouer
Au moment des impactes.
Impact, obus et mitraillettes
Chargent le canon de leur diktat,
La fumée remonte dans le ciel depuis un sol
Ravagé de débris et de corps au manque de bol ;
Plongeant la population dans un abîme écarlate.
Mais là sa commence à faire trop,
La tête tourne à fond
Du mélo de ce méli mélo.
J’aurai besoin de m’aérer l’esprit
Besoin de transité sans attente
Sur le méli…
Meli,
Pour reconnaître la chance de l’existence
Et d’être né ici.
Je slam sur des bouts de papier,
Dépose mes textes
Sans pour autant les scander.
Je n’éprouve ni le besoin ni l’envie
D’exprimer à haute voix
Ce que la plume peut elle-même graver.
Gravé ; Je ne reste pas figé.
Au quotidien j’active
Le cheminement de ma pensée ;
Alors j’avance sur cet étroit chemin
Que l’on m’octroie de tracer.
Sans crainte ni regret ;
L’ensemble de mes erreurs
N’a pas pour autant donner
De fruits impossibles à récolter.
Récolte ; connaître par cœur
Le temps approprié où l’on murit.
Mue nécessaire sur la paillotte de la vie
Cette remise en question bien que pénible
Fait avancé.
Avancer, je sais la somme du coût de l’immaturité.
Au quotidien je cueille à l’arbre qu’elle m’a légué.
Aujourd’hui il fleurit,
Même si ce n’est pas du gout
De mon banquier…
Banquer, déposer le bilan des comptes
Et se mettre à improviser.
Tenter de comprendre s’est s’user,
Cela ne sert à rien de retourner
Le couteau dans la plaie.
Plaies,
Espèce rarissime de sombres intellectuels débiles,
Prophètes d’une pensée au caractère indélébile.
C’est pourquoi le Dico
Est devenu mon maître mot
Le langage une entreprise
Dont je suis l’actionnaire mégalo.
Ma part belle du lot ?
Bien plus qu’une cerise sur le gâteau,
Mon frère,
J’y gagne l’enrichissement de mon vocabulaire.
Je sais d’où je viens, un gars de la ville
Rien de plus, rien de moins.
Je sais où être allé,
Une île ! Je me souviens
Les ports du pacifique
Au bord de Bidonvilles caribéens.
Victimes d’une histoire de traite négrière,
Sur fond de panafricanisme
A l’aube d’ouvrir ses paupières.
Esclavage par la pensée unique
Modelage de l’homme à une image
Faussement symbolique.
Ce n’est pas la joie de parler de l’Afrique
Et narrer sans cesse la même
Déplorable rhétorique.
Rhétorique, rétorquer un peu de bon sens
À l’ensemble de la classe politique.
Etre moderne s’est se lancer en free lance
Pour prendre toujours un plus de fric.
L’armée et l’école font leurs classes,
Le conditionnement conserve la même dynamique,
C’est toujours les même qui boivent la tasse,
De toute façon on cassera tous un jour notre pipe.
Pipe. Pipés, les dés à peine jetés
Décident d’un sort à l’avenir tronquer.
Celui qui pensait jouer se rend compte
Que la partie était truquée.
Truquer. La vie est ainsi faite qu’aujourd’hui
Nous sommes tous traqués.
Les faibles n’ont qu’à bien se tenir
S’ils ne veulent pas finir par trinquer.
Trinquer. Lever son verre en l’honneur
D’une pathétique ivresse de liberté.
Prendre son pied de peur
Qu’une ombre dogmatique vienne nous libérer.
Libérés. Otages et prisonniers en échange
D’un sursit des armes parties guerroyer.
Nouvelle technologies militaire
Pour enfants loin de leur foyer.
Combats fratricides entre ciel et terre
Pour marchand de morts et autres abonnés.
Le peuple est prêt à exploser.
Exploser. Economie parallèle,
Business souterrain,
Impossible à déloger
À coups de TRACTO PELLE ou de burins.
Impuissance de la police,
Vague délinquante diplomate du vice,
Vendre du HACHICH, de l’herbe, de la coke, du crack le tout en vrac
Aussi facilement que sur le marché,
C’est le seul moyen de paraître pour un crack
Tout en brassant des liasses de monnaie.
Rue grise et sans cesse surveillée,
Zone prioritaire, depuis belle lurette sur le qui-vive du Parquet.
Bande trafiquante, misère d’une jeunesse avançant
Sur une pente glissante
Mélange culturel cohabitant sans crainte
Parqué au milieu des poubelles pour en étouffer l’empreinte.
Quartiers saccagés, bandes rivales organisées,
Mouvement parallèle en marge de la société.
A force d’être diaboliser, la cité
Ne peut décemment agir comme une Sainte.
Familles monoparentales,
Mère isolées sans possibilité de travail,
Gamine de 15 ans déjà enceinte,
Grand-mère trentenaire
Hurlant au scandale.
La vie ici tourne en boucle sur fond gris.
La brique encaisse les coups
Pendant que les générations suivantes
En payent le prix.
Nombreux sont considérés comme de vrai dingues
Tout un cirque pour beaucoup,
Cette jeunesse perturbée par sa musique de la jungle
Chaussette par dessus le survet’,
visage sombre camouflé sous la casquette
Ici tu marches ou tu crèves,
Pas besoin d’attendre la nuit pour que le civisme se mette en grève.
Ici, pas de place pour les faibles,
Les beaux parleurs encaissent les coups au lieu du plébiscite de la plèbe.
Pour les angoisses, pas de problème,
C’est ton dealer qui officie en tant que marchand de rêve.
Fumer tant qu’on peut, jusqu’à oublier, jusqu’au décollement de la plèvre
Ce n’est pas la joie mon vieux, cette déprime gercée au bord des lèvres.
Les temps sont tordus, la vie porte sa minerve,
Demain n’ira pas mieux, ce sera toujours ce même syndrome qui énerve.
Jeunesse révoltée, prête à prendre les armes bien qu’à peine sevrée.
Esprits lobotomisés, quand bien même passe encore de bons docs à la télé.
Mafia improvisée, trafics de liasses d’un argent sal pour des drogues douces vampirisées.
Le diable ? En vérité c’est peut être celui qui dit qui est,
Cette fable de toute façon n’a pour but que de nous diviser.
Pour certains, le règne s’accomplie,
Tandis que d’autres chient dans les bottes des emmerdes que leur à laissé la vie.
Héritage calculé, les classes s’organisent en castes pleine de crasse,
Le tout s’encastre pour créer le monde civilisé.
Pour beaucoup s’est une ironie, pour d’autres une fantaisie.
J’ai vu, j’ai vécu, j’ai connu cette atmosphère chaotique pleine de frénésie.
Pour preuve cette rafale de verbes dans l’hémisphère de ce monde dramatique.
Mes balles sont mes mots, mon arme la rythmique,
Cartouches et douilles d’encres témoigne de mon emprunte « vers balistiques ».
Drôle, ce goût pour l’écriture ; Drôle, ce sens de la rature.
Ce reflet dans le miroir, Cette encre sur la page,
La feuille tout comme le papier buvard
Absorbe les mots et en détoure le tatouage ;
Estampe d’un tableau,
Collage de papier
Nouvelle technique de peinture à l’eau,
Haltérophilie verbale en épaulée jetée.
Gavroche.
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